viernes, 7 de abril de 2017

Fugacidades

Fugacidades
El cuerpo se acuerda de un amor
como encender la lámpara.
Alejandra Pizarnik.

Las muertes momentáneas se escabullen en los retretes mientras gasto mi sexta uña. Vos golpeas horizontal tu disnea y el tiempo pasa por ti como los trenes del sur: marchitos. Yo soy el vacío devorado por polillas y espectros, soy más que eso, soy el repetido roer de los baúles abandonados en los áticos. Me aman vestida pues mi fachada produce náuseas y lágrimas, elevar mis piernas y gritar, elevar mis piernas y romperme en miles de voces. Los besos en la boca cuestan veinte dólares y me estoy quedando sin monedas. Qué difícil parar las llamas cuando el incendio lleva años transitando en las mismas llagas. Meretriz. Soy tu meretriz de cartera, y siempre termino en el baño suplicando muerte a mi reflejo. Las sonrisas se disocian cuando caen las cutículas. Prendo otro dedo, roncas y absorbes las paredes. El vacío resbala a mis pies. Hacernos los cuerdos no conviene cuando las lágrimas nos tiemblan en los ojos, cuajadas, estacionadas. Por eso nunca encendemos las luces, para que los amores no aparezcan cual fantasmas suplicando abrir sus tumbas.



Fugacites
Le corps se souvient d'un amour
comme on allume une lampe.
Alejandra Pizarnik.


Les morts momentanées s'esquivent dans les lettrines pendant que je ronge mon sixième ongle. Toi tu frappes horizontalement ta dyspnée et le temps te traverse comme les trains du sud : fanés. Moi je suis le vide dévoré par les mites et les spectres, je suis plus que ça, je suis la rouille récurrente des coffres abandonnés dans les mansardes. On m'aime habillée car ma façade provoque nausées et larmes, lever mes jambes et crier, lever mes jambes et me rompre en mille voix. Les baisers sur la bouche coûtent vingt dollars et je me retrouve sans un sou. Que c'est difficile d'arrêter les flammes quand l'incendie grésille depuis des années les mêmes plaies. Putain. Je suis ta pute de poche, et je finis toujours dans la salle de bains à supplier la mort á mon reflet. Les sourires se dissocient quand tombent les cuticules. J'allume un autre doigt, tu ronfles et tu absorbes les murs. Le vide glisse à mes pieds. Inutile de se montrer raisonnable quand les larmes tremblent dans nos yeux, coagulées, stagnantes. C'est pour ça qu’on n'allume jamais la lumière, pour que les amours n'apparaissent pas comme des fantômes suppliant qu’on ouvre leurs tombes.

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