Forasteros
"No
me arregles esta noche,
quiéreme
roto"
Juan
Manuel Faccio.
Sobre todo desperdíciame,
rocíame y tírame bajo la cama, olvídame en la estufa o déjame circular en la
bañera. Sobre todo digiéreme despacio y sin los dientes, descuidado del tiempo,
de que me termine, de que fenezca y me haga hormiga. Préstame sin intereses a
los amigos, háblales de mí como si fuera la chica que deslizó un domingo en la
pastelería. Disimula mis marcas con disfraces de huérfanos. Absórbeme como el
cigarrillo que te lo sumas de hastío. Llórame sin rabia, con cobardía. No te
aprendas mi nombre, ni te robes mis gemidos. Sobre todo siempre dame besos
desconocidos, como si nunca tu cuerpo hubiera urgido al mío, como si nada, como
los faroles alumbrando ecos en las madrugadas.
Étrangers.
«
Ne me répares pas ce soir,
aimez-moi
en miettes »
Juan
Manuel Faccio.
Surtout dilapide-moi,
asperge-moi et jette-moi sous le lit, oublie-moi dans le poêle ou laisse-moi
trainer dans la baignoire. Surtout digère-moi lentement et sans les dents,
indifférent au temps, que j’en finisse, que je meure et devienne fourmi.
Prête-moi sans intérêts aux amis, parle-leur de moi comme si j'étais la fille
qui glissa un dimanche dans la pâtisserie. Cache mes marques avec des
déguisements d’orphelins. Absorbe-moi comme la cigarette que tu fumes par
lassitude. Pleure-moi sans rage, avec lâcheté. N'apprends pas mon prénom, ni ne
voles mes gémissements. Surtout donne- moi toujours des baisers inconnus, comme
si ton corps n'avait jamais désiré le mien, comme si de rien, comme les
lampadaires qui éclairent les échos au petit matin.




